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L’intelligence économique, c’est quoi ? Quels en sont les acteurs ?

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On entend souvent parler d’intelligence économique, parfois sans savoir quelles notions se cachent derrière ce concept. On l’associe souvent à l’espionnage industriel, en faisant référence à quelques affaires particulièrement médiatisées …

1. Définitions(s) et (très bref) historique

1.1 Plusieurs définitions …

Plusieurs définitions ont pu être données à ce terme.

En 1994, un groupe de travail, présidé par Henri Martre, remet un rapport intitulé « intelligence économique et stratégie des entreprises ». Se basant sur le constat que la compétitivité des entreprises repose sur la capacité des entreprises à accéder aux informations qui leur sont nécessaires et à traiter ces informations, le rapport vise à sensibiliser l’ensemble des acteurs publics et privés sur l’intérêt d’une telle démarche.

Le rapport définit ainsi l’intelligence économique comme un ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information, utile aux acteurs économiques.

La délégation interministérielle à l’intelligence économique (D2IE, qui n’existe plus aujourd’hui en tant que telle) parle, quant à elle, de mode de gouvernance fondé sur la maîtrise et l’exploitation de l’information stratégique pour créer de la valeur durable dans une organisation. Elle se décline en veille/anticipation, maîtrise des risques (sécurité économique) et action proactive sur l’environnement (influence). Il s’agit d’une définition plus complexe qui identifie plusieurs domaines d’intervention. Il ne s’agit plus ici d’une seule approche technique visant à recueillir des informations utiles, mais d’un mode de management de l’entreprise ou organisation.

Enfin, l’AFNOR propose une définition du processus de veille Activité continue et en grande partie itérative visant à une surveillance active de l’environnement scientifique, technologique, juridique, commercial, socio -politique, etc …

1.2 … pour un processus constant, mais évolutif

En fait, l’information a toujours été au cœur des différentes phases de développement économique.

On a à l’origine un acte naturel de transmission des connaissances, telles les pratiques agricoles ou de navigation, ou encore la formation de l’apprenti par l’ouvrier expérimenté. L’industrialisation, et l’organisation du travail qui en a découlé, en particulier le travail à la chaîne, ont modifié ce processus, le contrôle de l’information devenant alors une prérogative de la hiérarchie et un enjeu de pouvoir. On définit alors le droit d’en connaître selon les niveaux de responsabilité.

Le concept de propriété intellectuelle, de brevets, de secrets de fabrication, existe depuis la Grèce Antique et s’est progressivement étendu à l’Europe. Mais il s’est surtout développé en accompagnement de la Révolution Industrielle du 19ème siècle. On peut citer l’exemple des manufactures textiles de Grande Bretagne, dans lesquelles on menaçait de couper la main des ouvriers s’ils divulguaient les secrets de fabrication. On assiste à cette période à un essor considérable des avancées techniques, en parallèle de la recherche et des découvertes scientifiques, ainsi qu’au développement des échanges internationaux. C’est aussi à cette période que les premiers éditeurs scientifiques apparaissent.

En parallèle, la problématique du recouvrement des créances, la recherche de partenaires financiers fiables, remet en cause le traditionnel rapport de confiance qui préexistait. C’est la naissance du renseignement commercial, dont l’objectif est dévaluer la respectabilité et la capacité financière des partenaires. On peut citer le Bureau du renseignement pour le commerce, créé par Vidocq en 1827. C’est aussi à cette période qu’apparaissent les agences d’information financières, ainsi que les agences de notation en matière de banque et d’assurances.

L’information n’est alors plus seulement une manière de transmettre du savoir, elle devient un bien immatériel.

La globalisation de l’économie, la construction de réseaux formels ou informels, l’accélération des échanges économiques, l’évolution des relations avec les donneurs d’ordre, conduisent à adapter en permanence la gestion au quotidien des entreprises. Les développements successifs de la presse, des moyens techniques d’information et de communication, ont fait évoluer les caractéristiques de l’information, en termes de volume, d’accessibilité, et même en termes de portée géographique.

Il s‘agit donc de tirer parti de cette situation en développant des méthodes permettant d’identifier les sources pertinentes d’informations, d’analyser les données collectées et leur transformation en connaissances pour aider à la prise de décision.

2. Une démarche de conceptualisation

Dans un contexte de concurrence exacerbée, la maîtrise de l’information stratégique est donc une nécessité. On a coutume de comparer une entreprise sans stratégie à un explorateur sans boussole. Aussi, détenir beaucoup d’information ne présente pas d’utilité si on n’a pas préalablement diagnostiqué les besoins nécessaires.

Une démarche d’intelligence économique vise ainsi à conceptualiser un processus au départ naturel.

2.1 Un système de management

Les entreprises mettent régulièrement en œuvre des processus organisationnels, dont la plupart sont d’ailleurs normés, tels la démarche qualité (ISO 9001) ou le management environnemental (ISO 14001).

Qu’ont ces deux exemples en commun ?

Elles bouleversent l’organisation de l’entreprise et ne fonctionnent que par l’implication de l’ensemble du personnel. C’est donc bien d’avantage un système de management qu’un simple choix technique. C’est un mode d’organisation qui rompt avec le système pyramidal traditionnel et qui nécessite une transversalité accrue.

Par exemple, en matière d’information, si une part doit être collectée à l’extérieur de l’entreprise, une partie importante est déjà disponible en interne. Encore faut il que chacun en ait conscience.

2.2 Les dimensions de l’intelligence économique

L’Ecole de Guerre Economique propose une cartographie des métiers de l’intelligence économique.

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Cette cartographie est extrêmement vaste, elle englobe les métiers du marketing, de stratégie commerciale, de communication et de gestion de crise, d’audit, etc …

Quelques exemples :

  • la recherche d’informations, qui passe par la définition des besoins, l’identification et la fiabilisation des sources d’information (sources tant humaines que techniques), le recoupement
  • la veille permanente, sur les dépôts de brevets, les normes, la réglementation, la e-réputation, la mise sur la marché de produits concurrents, de substitution, voire contrefaits …
  • la prévention des intrusions, aussi bien physique (protection des locaux) qu’informatique (fiabilité des réseaux, mots de passe, …)
  • etc., etc., etc. ..

3. Les acteurs

A côté des acteurs publics, les acteurs privés susceptibles d’intervenir dans le domaine de l’intelligence économique sont d’une part les enquêteurs privés, d’autre part les sociétés d’intelligence économique.

Les enquêteurs privés exercent une profession réglementée par le code de la sécurité intérieure. Une définition en est donnée par l’article L621-1 : profession libérale qui consiste, pour une personne, à recueillir, même sans faire état de sa qualité ni révéler l'objet de sa mission, des informations ou renseignements destinés à des tiers, en vue de la défense de leurs intérêts. Les domaines d’intervention peuvent être vastes. L’exercice de la profession est soumis à une exigence de formation et à une autorisation délivrée par le Conseil National des Activités Privées de Sécurité.

Il n’existe actuellement pas de règlementation pour les sociétés d’intelligence économique. Celles-ci proposent des fournitures de prestations de conseil, de veille et de recherche d’informations. Le spectre de leur domaine d’intervention est large: analyse concurrentielle, veille technologique, gestion des risques, communication de crise, sûreté/sécurité, protection de l’image de marque… Ces prestataires ne disposent toutefois pas de la faculté donnée par l’article L621-1 du code de la sécurité intérieure, à savoir, recueillir des informations sans faire état de sa qualité, ni révéler l’objet de la mission.

La faculté qui est donnée à l’enquêteur privé de collecter des informations même sans faire état de sa qualité ni révéler l'objet de sa mission, lui permet, en toute légitimité, de recueillir des renseignements auprès de sources humaines. L’enquêteur bénéfice par ailleurs de jurisprudences quant aux éventuelles atteintes à la vie privée, dans le cadre de sa mission.

Le rapport de l’enquêteur privé est recevable en justice, mais finalement comme n’importe quel autre mode de preuve. Si la jurisprudence a consacré le principe de la recevabilité du rapport d’enquête, dès lors qu’il est circonstancié, précis et sans animosité, celle-ci reste de toute façon soumise à l’appréciation du magistrat.

De la même façon, un rapport d’étude émanant d’une société d’intelligence économique, pourrait lui aussi être recevable. L’enquêteur privé bénéfice toutefois d’une jurisprudence abondante quant à la recevabilité de ses rapports.

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